20 Oct Alain Péréault : le crémant est aujourd’hui un « vrai segment »

Crémants Première BulleDirecteur du marketing de Sieur d’Arques depuis le début de l’année, Alain Péréault estime que le crémant est désormais un « vrai segment ». Extraits de l’entretien qu’il a accordé à Vitisphère.

La crise actuelle du champagne va-t-elle rendre les choses plus difficiles pour les autres effervescents ou les positions conquises vont-elles perdurer ?
A. P. : Le point commun à tous les effervescents, c’est la bulle. En France, le crémant fonctionne, quelle que soit la région. Au début, il a recruté des consommateurs un peu en ersatz de champagne. Mais, aujourd’hui, il a trouvé sa place. Ce n’est plus le parent pauvre du champagne, c’est un « vrai segment ». Il y a des moments crémant et des moments champagne. Pour un dîner en amoureux, je ne me vois pas ne pas ouvrir une bouteille de champagne. Le crémant se conjugue avec des moments
plus amicaux, plus généreux. Quand on a ouvert un champagne à 30 euros, on hésite à ouvrir une deuxième bouteille. Avec un crémant à 7 ou 8 euros, on n’a pas besoin de demander si tout le monde en veut encore.

LE NOUVEAU CONCEPT DE PREMIÈRE BULLE

Quels sont les résultats de la politique de Sieur d’Arques initiée il y a deux ans, notamment en matière de marketing ?
A. P. : Sieur d’Arques, grâce en particulier à de nombreux tests auprès des consommateurs, a trouvé le bon rapport qualité/prix/image pour certains moments de consommation. En France, le crémant de Limoux surfe sur la vague du crémant. Bulle n°l a été un succès à l’export parce que ces marchés ont une affinité avec la bulle française apparentée au champagne mais également parce qu’il y a un contenu d’image dans le message : « En 1531, un moine de Limoux a inventé la première bulle au monde ».

Pourquoi avoir modifié le concept de Bulle n°l ?
A. P. : II y avait deux marques sur le même packaging : Bulle de blanquette et Bulle de crémant. J’ai décidé que la marque serait Première Bulle parce qu’il y avait un clivage qui était incompris du consommateur.

CONCENTRER LES CAMPAGNES PUBLICITAIRES SUR LES RÉGIONS

Vous avez également recentré les campagnes de publicité…
A. P. : Nous avons abandonné les grandes campagnes de publicité nationales : le produit et la société ne sont pas adaptés à de telles actions qui fonctionnent par répétition. C’est réserve à de gros groupes de spiritueux. Et puis, si le produit est à l’affiche mais qu’on ne le trouve pas en magasin, au bout d’un moment, on arrête de le chercher. Nous préférons faire des campagnes régionales, aujourd’hui dans le Nord et le Languedoc-Roussillon. Quand le produit sera bien implanté, nous pourrons passer à d’autres régions. Nous réalisons également une action auprès de la grande distribution dont le slogan est « L’essentiel est dans la bouteille ». Le message : si le produit est de qualité et qu’il arrive à recruter, il fidélise. Nous menons également des opérations dans le CHR ainsi que dans le monde de la nuit pour sensibiliser les consommateurs de ces différents circuits.